Besançon : les logements aux granulés sont le segment le mieux classé de la ville

Panorama de Besançon depuis la route du Fort de Chaudanne
Jean-Pol GRANDMONT / CC BY-SA 3.0

En bref

À Besançon, les 283 logements chauffés aux granulés de bois affichent 53,0 % de classes A ou B et 1,4 % de passoires, contre 0,8 % et 5,4 % pour les 20 924 logements au gaz naturel. C'est le meilleur profil énergétique mesuré dans la commune.

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Un segment marginal, des résultats extrêmes

Les données publiques de l'ADEME couvrent 40 094 diagnostics réalisés à Besançon, dont 5,0 % classent le logement en F ou G et 5,2 % en A ou B.

Un segment sort nettement du lot. Les 283 logements chauffés aux granulés de bois affichent 53,0 % de classes A ou B, 1,4 % de passoires, et seulement 5,7 % de classes D.

Un logement sur deux dans le haut du tableau, contre un sur vingt à l'échelle de la ville. L'effectif est modeste, moins de 1 % du parc, et les pourcentages sont à lire comme des ordres de grandeur, mais l'écart est trop large pour être un artefact.

Pourquoi le bois pèse autant dans le calcul

Le DPE croise deux critères : la consommation d'énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. Il retient la plus défavorable des deux lectures pour déterminer la classe.

Le bois est considéré comme faiblement émetteur au sens du calcul, ce qui lui évite d'être pénalisé sur le second critère. Un logement au gaz naturel, à consommation strictement identique, sera bloqué par son étiquette carbone là où le même logement aux granulés ne le sera pas.

C'est exactement ce que montrent les chiffres bisontins : les 20 924 logements au gaz affichent 0,8 % de classes A ou B, malgré un taux de passoires modéré de 5,4 %. Le gaz protège du bas sans jamais permettre le haut.

Une nuance importante : bûches ou granulés

Les deux formes de chauffage au bois ne produisent pas le même résultat, et l'écart mérite d'être signalé.

Les 87 logements chauffés aux bûches affichent 11,5 % de passoires et 17,2 % de classes A ou B. Les 283 aux granulés, 1,4 % et 53,0 %.

La différence tient au type d'installation. Les granulés équipent généralement une chaudière ou un poêle automatisé, installé récemment dans un logement déjà rénové. Les bûches recouvrent souvent un appoint dans une maison ancienne dont l'enveloppe n'a pas été traitée. Le bois n'est donc pas une solution en soi : il accompagne une rénovation plutôt qu'il ne la remplace.

Le réseau de chaleur, autre atout bisontin

Besançon dispose d'un second levier collectif efficace. Les 8 900 logements raccordés au réseau de chauffage urbain, soit 22 % du parc, affichent 0,3 % de passoires, 14,8 % de classes A ou B et seulement 3,5 % de classes E.

À comparer aux 9 247 logements chauffés à l'électricité, à 6,5 % de passoires et 4,7 % de A-B.

C'est l'un des meilleurs résultats de réseau que nous ayons mesurés : il protège du bas de l'échelle et laisse accéder au haut, ce qui n'est pas le cas partout. Ce contenu dépend du mix énergétique du réseau, qui évolue et se vérifie auprès du gestionnaire.

À l'opposé exact : le fioul

Il reste 583 logements chauffés au fioul domestique à Besançon. Ils affichent 38,1 % de passoires et 38,4 % de classes E.

Trois sur quatre se situent donc en E, F ou G. Dans une ville en zone climatique froide, où la saison de chauffe est longue, ce segment cumule tous les handicaps : besoin élevé, rendement médiocre, contenu carbone défavorable.

C'est le premier public concerné par une conversion, vers les granulés ou vers le réseau selon la configuration de l'immeuble.

Les maisons, angle mort du dispositif

La répartition par type de bien révèle le point faible de la ville. Les 2 043 maisons diagnostiquées à Besançon affichent 15,5 % de passoires, contre 4,3 % pour les 37 137 appartements.

Un rapport de un à trois et demi. La cause est structurelle : le réseau de chaleur dessert les immeubles collectifs, pas le parc individuel, qui reste sur un chauffage autonome et une décision de travaux à porter seul.

C'est précisément dans ce parc que la conversion aux granulés a le plus de sens, puisqu'elle y est techniquement possible et qu'aucune solution collective ne s'y substitue.

L'enveloppe reste le préalable

Aucun mode de chauffage ne rattrape une enveloppe non traitée. Les 23 675 logements bisontins aux murs insuffisants, soit 59 % du parc, affichent 7,7 % de passoires et 4,2 % de classes A ou B.

Les 4 384 aux murs très bien isolés tombent à 0,3 % et atteignent 17,2 % de A-B.

Dans une ville en climat froid, l'ordre des travaux compte doublement : isoler d'abord permet de dimensionner une chaudière granulés plus petite, donc moins chère à l'achat comme à l'usage. Un audit énergétique sert à établir cette séquence avant d'engager la dépense.

Ce que nous conseillons avant de vendre

Si vous êtes en maison individuelle au fioul, vous cumulez les deux segments les plus dégradés de la ville : le diagnostic le montrera, autant l'anticiper.

Si vous avez déjà converti aux granulés, c'est un argument mesurable et pas seulement un confort : documentez l'installation et sa date.

Établissez l'année de construction, qui commande le constat plomb pour les biens antérieurs à 1949, nombreux dans la Boucle, et le repérage amiante pour ceux d'avant juillet 1997. Le reste suit le dossier de vente, avec l'état des risques à vérifier par adresse : le Doubs, le karst et la sismicité concernent des secteurs précis de la commune.

Questions fréquentes

Le chauffage aux granulés améliore-t-il vraiment le DPE ?

Nettement à Besançon : 53,0 % de classes A ou B sur 283 logements, contre 0,8 % au gaz naturel. Le bois est considéré comme faiblement émetteur, ce qui évite la pénalisation sur le critère carbone.

Bûches ou granulés, est-ce équivalent ?

Non : 11,5 % de passoires pour les bûches contre 1,4 % pour les granulés. Les granulés équipent généralement une installation récente dans un logement déjà rénové, les bûches un appoint dans une maison ancienne non isolée.

Que vaut le réseau de chaleur bisontin ?

C'est l'un des meilleurs que nous ayons mesurés : 0,3 % de passoires et 14,8 % de classes A ou B sur 8 900 logements raccordés. Contrairement à d'autres réseaux, il laisse accéder au haut du tableau.

Pourquoi les maisons sont-elles plus exposées ?

15,5 % de passoires contre 4,3 % pour les appartements. Le réseau de chaleur dessert les immeubles collectifs et non le parc individuel, qui reste sur un chauffage autonome sans solution mutualisée.

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